les poèmes de l'Appel de l'île

Les Poèmes de l'Appel de l'île sont bel et bien tous d'Eliane Aubert-Colombani.

Nous les retranscrivons ici.

 

Quand tu marcheras dans le matin,

dans la neige,

souviens-toi que ton pied léger,

ton pied léger et cruel à la fois,

écrasera quelques-unes des particules

de mon âme,

les plus aimantes, gelées

mais pour toi encore vivantes...

  •  

Sur la peau glacée du lac

le reflet royal

du bois de l'élan,

et loin, si loin,

l'oeil témoin

de ton temps lié au mien

jusqu'au dégel

de fin du monde...

  •  

La forêt d'une essence

quelle menace !

Elle parlera d'une même voix,

elle t'imposera son vert unique,

même l'ombre sera d'une épaisseur plombée.

Dans le marécage sans reflet

quel crapaud osera chanter ?

  •  

Illusion

Sous l'herbe nouvelle

et douce,

et enivrante, comme la lèvre intime

de l'aimée,

sous l'herbe nouvelle,

la colline est un crâne.

Le marin qui de l'horizon

l'aperçoit

rit et pleure

"Ô ma terre, ô ma mère

ô le ventre de mon aimée."

Il ne sait pas encore

que la colline est un crâne

que le ventre de l'aimée

est creux et noir et froid.

  •  

Trahison

Une chevauchée de nuages en furie

saccage l'horizon,

de nuages casqués,

de nuages bottés,

gris de sanie,

 de toutes les promesses inaccomplies.

Un doigt se tend,

énorme, il porte

l'anneau des pierrures.

As-tu oublié le cerf abattu,

les bois du cerf pillé

pour sa parure ?

Ta folie d'alors

la mienne inassouvie ?

  •  

 

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