Les poèmes d'Adorable Vito

Les Poèmes d'Adorable Vito sont bel et bien tous d'Eliane Aubert-Colombani.

Nous les retranscrivons ici.

Sur nos traces,

Glissait le traîneau de la Mort

En bonnet de fourrure,

Le soleil terrifié refusait de se lever

Et les corbeaux commençait

A lui dépecer les joues.

A son tour, le ciel

Se fondit en marécages inversés.

J'aurais voulu m'y enfoncer

Pour ne pas le voir

Ni lui,

Ni le soleil à moitié bouffé,

Ni le ciel pourri de corbeaux,

A ce moment-là pour me sauver

Il fit chavirer la Mort.

  •  

J'ai patiné sur la glace

sans savoir que c'était un miroir.

Puisque les baudroies ricanaient sous mes pieds,

c'était donc qu'il y avait un autre espace,

avec les poumons des coraux

et les algues tisserandes.

Je dédaignais les êtres

des vertes solitudes, les foules muettes

puisqu'elles s'étaient verrouillées

d'armures argentées.

J'ai dédaigné les autres.

J'ai patiné sur la glace

sans savoir que c'était un miroir,

que j'écrasais mon image

avec mes fines lames.

Je patinais vers lui qui me fuyait

Sur l'autre rive barricadée de sapins noirs.

La rive qui voguait,

S'engloutissait

Dans l'horizon sanglant.

La glace s'est fendue, le miroir s'est brisé,

le rêve de lui, toujours de lui

s'est dilué, atomes égarés, enfuis,

Dieu voudra-t-il les réunir ?

  •  

Ni homme, ni femme,

manteau tissé de larves,

tunique d'immondices

habilement cousue où je traque des souvenirs,

(écoeurant d'ailleurs, ce passé déglingué)

ulcères, teignes,

mycoses et j'en passe !

l'odeur épouvantable d'une tombe entr'ouverte,

ansi je plais !

Il tend son cou,

fier des ecchymoses

inscrites par la chaîne

de toutes les vassalités,

parce qu'il sait, lui seul sait

qu'un jour très proche, aux marches du palais,

je serai l'hôte attendu.

Il y avait donc

de l'or en ferment

sous le couvert de la fange.

  •  

Mort de l'été

rayé de vert et de blanc,

mort de moi-même,

aux lèvres cousues,

aux yeux enfumés,

aux mains menottées.

Gris des détresse des forêts,

Grand saccageur tu resteras !

En vain j'avais muré

La fontaine de marbre

Où autrefois j'avais sculpté

Tes yeux en reflets biseautés !

En vain j'avais chanté,

ma voix s'est brisée dans les glaces.

Tu m'as changé

en vieille femme décharnée,

sur un grabat malodorant.

Et mon coeur,

mo coeur calcifié

a oublié jusqu'à ton nom !

Mort de moi-même !

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