Interview de décembre 2009

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Albiana : Vous signez dans la nouvelle collection Centu Milla, un court récit, "L’âne et le bon dieu". C’est votre troisième titre pour Albiana après "l’Appel de l’île "et "La Buse". Il semble marquer l’apparition d’un nouvel univers littéraire.

Eliane Aubert-Colombani : Oui, j’ai eu envie de pénétré dans un univers fantasmé, parallèle à une réalité bien ancrée.

 

Albiana : Les rêves de la mammò oscillent entre le fantastique et le surréalisme. Est-ce une manière de retravailler vos propres réminiscences ?

Eliane Aubert-Colombani : Le monde réel est souvent étrange : tout dépend de l’angle sous lequel on le voit. J’ai observé les délires des personnes âgées, ils sont parfois poétiques, et quand la raison dérape, elle apporte à l’auteur un matériau très riche.

 

Albiana : Parlez-nous des boîtes du temps. Dans laquelle croyez-vous vous trouver actuellement ?

Eliane Aubert-Colombani : Je sauté d’une boîte dans l’autre : la boîte de la seconde guerre mondiale, celle de la guerre d’Algérie et celle du futur qui m’angoisse ; alors je demande à l’épicier de Batna de la cacher derrière les conserves de petits pois.

 

Albiana : Quels sont ceux de « la race des rongeurs de l’âme » ?

Eliane Aubert-Colombani : Les « rongeurs de l’âme », ce sont ceux qui profitent de la faiblesse des autres pour les tuer avec des mots. C’est un meurtre qui ne laisse pas de traces apparentes.

 

Albiana : Vous introduisez dans vos textes de nombreux mots et expressions en corse. Êtes-vous locutrice ou est-ce une manière de tenter de garder le chant de la langue ?

Eliane Aubert-Colombani : J’ai la nostalgie d’une langue qu’on ne m’a pas apprise. En revanche, j’ai gardé en mémoire toutes les fautes de français que faisait ma Mammò.

 

Albiana : « La corsité, comme la judeite, se transmet par les femmes » écrivez-vous dans "L’âne et le bon dieu." Pouvez-vous développer ?

Eliane Aubert-Colombani : Jusqu’à notre époque, dans les familles corses comme dans les familles juives, le rôle de la mère était prépondérant. On attendait d’elle, plus ou moins consciemment, qu’elle transmette la mémoire collective, les rituels, une certaine conception des rapports affectifs.

 

Albiana : Dites-moi, c’est quoi ou qui ce Breton de Loctudy ?

Eliane Aubert-Colombani : J’ai connu un Goarin haut en couleur mais, plus généralement, les liens entre Bretons et corses ont été très étroits pour des raisons historiques. J’ai des cousins à Speloncato qui portent un nom breton.

 

Albiana : Kafka donc aurait pu être corse avec un nom pareil ?

Eliane Aubert-Colombani : Kafka est un nom qui a une consonance vaguement corse, mais ce qui est sûr, c’est qu’il a été, comme beaucoup de Corses, partagé entre deux cultures. Il écrivait en allemand et n’est venu au yiddish que tardivement.

 

Albiana : Et Gide… comment encore essayer d’amener à lire un type qui honnissait les livres de Bernanos, ce qui, avouez-le, est une raison amplement suffisante pour le laisser dans toutes les caves de l’oubli qu’il veut.

Eliane Aubert-Colombani : Ne jamais oublier que Gide a été très courageux. Il s’est mis la droite à dos quand il est allé en URSS. Il a été vilipendé par la gauche quand il a écrit « Retour d’URSS » en 1936. Le premier parmi les intellectuels de l’époque, il a dénoncé le totalitarisme de Staline (avant Hannah Arendt, 1949).

 

Albiana : Avez-vous poursuivi dans le champ de cette écriture “magique” ?

Eliane Aubert-Colombani : Oui, j’ai écrit un autre roman « Etoile », où j’essaye de jongler avec le réalisme magique et ce que j’espère être de l’humour.

 

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