à propos de Tuer le juge

à propos de "Tuer le juge"

"On m'as demandé ce qui m'avait poussée à écrire Tuer le juge. Tout simplement la haine, de désir de tuer le juge des tutelles de la petite ville du centre de la France où j'habite. J'ai eu assez de bon sens  pour ne pas passer à l'acte, d'où... le roman. Il faut dire que j'ai eu le droit à mon "procés d'Outreau", moins la prison.

Je résume les faits : je suis arrivée ici en 1995 avec ma mère, dont j'étais tutrice, qui était déjà en position foetale et presque aphasique, et dont l'état nécessitait huit heures de travail ininterrompu à son chevet... On peut lire les détails dans mon livre Alsheimer au quotidien.

Essayez de nourrir à la seringue, avec des petits pots de bébé, une personne qui fait des fausses routes continuelles, ajoutez deux litres et demi d'eau parce qu'elle est sondée et qu'on craint l'infection urinaire, ajoutez encore l'absorption de médicaments, la toilette, l'ouverture des membres er des mains recroquevillées, et j'en passe... Et la nuit ? Se réveiller deux fois pour retourner la malade.

Bon ! Le pire était passé, le plus terrible c'était à Asnières. Ma mère marchait encore, elle tentait sans cesse de se jeter par la fenêtre. Elle était aussi grande que moi (1,72m) et douée d'une force nerveuse que je ne possédais pas. J'étais obligée d'avoir des employées, une déclarée, et des clandestines colombiennes, épatantes. Il fallait payer tout ce monde là. Je travallais encore et ma mère restait éveillée toute la nuit, donc je payais mes gardes, et pas comme une négrière, je vous assure ! Avec quel argent ? Celui que mes parents m'avaient donné, acquis sur une génération. J'étais nue-propriétaire de biens immobiliers. J'ai vendu un appartement avec l'autorisation du juge des tutelles d'Asnières - le juge Paulet - qui m'a dit : "Vous n'êtes plus très jeune et vous vous dépouillez, je ne vous autoriserai plus à vendre." Je précise que j'étais fille unique.

Fin 1996, le juge des tutelles de la petite ville du centre... me dessaisit sous prétexte que je dépense trop d'argent et que " [je jouis] d'une maison" (dont ma mère est usufruitière) dans ladite petite ville. Elle confie la tutelle à la Mutualité Agricole du département, alors que ma mère n'a jamais rien eu à faire avec le monde agricole, et que cette MSA était alors en difficultés financières.

J'ai fait appel bien entendu, mon avocate devait plaider début mars, ma mère est morte le 22 février 1997.

Non, je n'ai pas confiance dans la justice de mon pays !

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Commentaires (1)

1. françoise ruzé 11/08/2008

histoire authentique, parfaitement résumée. Sa fin inachevée continue de hanter Eliane.

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