La Mère allemande - éditions Denoël 1991

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Le livre :

C'est à Hambourg, après la guerre, que le jeune héros de 'L'Elève de Clémence' fuit deux reniements, celui de sa mère et celui de sa femme.

C'est à Hambourg aussi qu'il va découvrir un autre type de mère, sa logeuse, Brette Lins, une fausse veuve, dont les enfants sont morts à dix-huit et vingt-ans, et dont il devient lui, son ennemi, son presque otage.

Extrait :

"Il ne me déplaisait pas de me trouver dans un pays en ruine avec une reconstruction qui s'étendait par nappes comme des floraisons de printemps..."

"Erich décacheta ma lettre qui n'était pas adressée à une maîtresse mais à un homme; d'un certain rang, à qui le jeune homme demandait l'hospitalité et dans des termes qui révélaient leur vice commun... J'ai eu cette lettre entre les mains, pitoyable de tendresse implorante. La mère et le frère se sont rués sur lui, l'ont frappé, l'ont assommé. Frida ne demeurait pas encore avec eux. Ensuite Brette a fait jurer à son fils aîné de s'engager et d'obliger le cadet à le suivre. Elle les envoyait à la mort pour être certaine que le plus jeune ne pêcherait plus ! Notez que j'ai connu des mères catholiques qui auraient préféré voir leur fils mort plutôt que marié à une divorcée ! Les nazis n'ont rien inventés !

Quant au protecteur, à l'ami, elle ne le dénonça pas, craignant  que le scandale ne rejaillit sur elle. J'essayai de la raisonner, elle me regardait comme si j'étais fou : "Tu ne comprends donc pas qu'il a commencé avec son père ? Il aimait son père et Günter l'appelait mon criquet ! Est-ce normal d'appeler son fils mon criquet, de la garder dans son lit, plus tard de l'attirer dans ce boxon du port où il tenait le rôle de videur." J'ai vu une photo, le père et le fils se tenant par le cou : quelle honte !

Elle aurait voulu écrire à Hitler comme à un pasteur pour lui soumettre le cas de son fils, pour lui demander de moraliser sa vie. Je lui démontrai que cette étrange démarche n'aboutirait pas ou risquerait de lui attirer des ennuis. Elle abandonna sa recherche d'un directeur de conscience parce qu'elle comptait bien que les combats incessants feraient passer à Thomas 'le goût du vice' !

La Presse :

La Mère allemande d'Eliane Aubert-Colombani décline le temps ou si l'on préfère une époque. Au programme une après-guerre. L'épopée a cédé la place à la consternation. Quelques palpitations encore avant que le héros sursitaire ne se détourne d'un destin avantageux. Gustave Flaubert a raison : "Il n'est roman que du temps"... La Mère allemande devrait figurer sur les tables du roman contemporain pour peu qu'on vénére l'écriture et révère la fiction. (Denis Fernandez-Récatala - Les Lettres Françaises - mai 1991)

Un itinéraire douloureux, magistralement écrit. (L'étudiant - juillet 1991)

A découvrir avec beaucoup d'intérêt. (Claude Martelier - Tract - 1991)

 

 

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