l'Appel de l'île (éditions Albiana - 2007)

Le livre :

Entre eux deux s'est immiscé l'amour, violent, platonique, d'une haute exigence, mais qui ne souffre pas que les territoires se confondent. C'est le jeu. Entre eux aussi leur île commune, la Corse, qui pourrait devenir leur "terrain" d'entente. Du moins l'espère-t-il. Lui veut s'y installer, par défi, et s'y engager, faire de la politique en cagoule. Elle va y exposer ses toiles, par revanche, montrer à tous au village qu'elle est bien vivante. Entre eux encore, le corps, qui n'en finit pas de mourir, du confident, ce "traducteur" mortellement jalousé. A morte allarga u vivu, la mort fait de la place au vivant... voilà son tragique et secret espoir. 

Et toujours, ce lancinant appel de l'île, qui réclame ses enfants... Elle qui pourtant les dévore quand ils viennent en son sein, eux qui se consument quand ils en sont loin.

Oui, ici, là-bas, ailleurs, partout, "quel crapaud osera chanter" ?

A moins que l'aube ne finisse par se lever.

Extrait(s) :

 

"Nous sommes arrivés vers midi à Lozari.J'ai pesté contre l'alignement des voitures de touristes dans le sentier qui mène à la plage. Elle a réagi violemment : "Mais c'est la vie ça, Henry, la vie de l'île. Comment ferait-on s'il n'y avait pas de touristes ? Tu voudrais revenir au temps où l'on donnait aux filles, en héritage, les terrains en bord de mer parce qu'ils ne valaient rien ?" Je n'allais pas lui répondre que je voulais ma terre, mon île nue, elle et moi et quelques autres peut-être, qu'une analyse économique n'entrait absolument pas dans l'univers esthétique que j'étais en train de construire, le "petit infini" d'espace, de temps et d'amour comme Pablo Neruda."

 

 

"Dernier message sur mon répondeur.Des vers d'une autre poétesse. Eva Pallas :

La forêt toute d'une essence

quelle menace !

Elle parlera d'une même voix,

elle t'imposera son vert unique,

même l'ombre sera d'une épaisseur plombée.

Dans le marécage sans reflet

quel crapaud osera chanter ?

Il a traduit cet après-midi pour elle, rien que pour elle ! Il veut que ça reste inédit. Alors pourquoi m'en parle-t-elle, si ce n'est pour me blesser ? "

 

La presse :

" L'Appel de l'île fait plonger dans les arcanes compliquées, paranoïaques et militants du peuple corse (...) On ne sort pas intact de cette lecture : le psychologue ne parvient pas à faire oublier la dimension politique fort dérangeante. Un livre habile et troublant." (La Nouvelle République - 2008)

" L'Appel de l'île a pour cadre la Balagne, l'été et l'époque contemporaine, ses cagoules, ses explosifs, ses morts révoltantes. L'île, l'auteur la voit 'réclamant ses enfants... Elle qui pourtant les dévore quand ils viennent en son sein, eux qui se consument quand ils en sont loin...' Thème inépuisable, central, roman d'ombre et de soleil, de lumière et d'obscurité, qui, en bonne logique, devrait prendre sa place aux meilleurs rangs des bonnes productions littéraires de ces dernières années." (Corsica - janvier 2008)

"Eliane Aubert-Colombani nous offre un roman sur l'identité et les racines corses, sur leur difficultés d'être compris des continentaux. Etroitement lié à la situation sociale de l'île, on perçoit dans son livre les contours d'une société insulaire qui éprouve bien du mal à se faire comprendre et qui en souffre. Le style, la forme et l'histoire en font un très beau roman de la diaspora " (L'écho du Berry) 

 

 

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