Journal d'un collabo 1945-1946

 

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Cet ouvrage fait suite aux romans Journal d'un collabo, 1943 et Journal d'un collabo, 1944. On retrouve Antoine Sartori, personnage principal, sous-officier à la retraite, antisémite, anticommuniste.

Déplorant la victoire des alliés, il regrette Pétain et son gouvernement et craint, pour le futur, la menace soviétique. Il note, jour après jour, les difficultés quotidiennes, les dérives de l'épuration ainsi que ses remords.., car il ne fait aucun doute qu'il a envoyé une petite juive à la mort et qu'il pressent un châtiment.

 

Extrait :

 

"Jean-Hérold Paquis, éditorialiste de Radio-Paris pendant l'occupation, celui dont j'ai pu apprécier l'enthousiasme et l'éloquence précise, a été condamné à la peine de mort et à la confiscation de ses biens au profit de l'Etat... criminel... Et après ils iront baver que la France est une démocratie et que le "démos" - ou le démon ? - peut donner son opinion sur tout et n'importe quoi ! Il n'y a pas de délit d'opinion, mais on vous fout douze balles dans le corps si vous vous écartez de la sainte logorrhée dégurgitée par les cocos."

 

Ce que la presse en dit

La vie quotidienne d'un collabo vu par Éliane Aubert-Colombani (La Nouvelle République - Evelyne Caron - juin 2013)

 

Éliane Aubert Colombani vient de signer un nouvel ouvrage, publié par L'Harmattan, Journal d'un collabo 1945-1946. Il fait suite aux romans Journal d'un collabo, qui se situe en 1943, et Journal d'un collabo 1944. Ce nouveau volume permet au lecteur de retrouver le personnage principal, Antoine Sartori, sous-officier à la retraite, fils d'un officier général, antisémite, anticommuniste, anti-Alliés, débordant de haine à l'égard des Anglo-Américains, des gaullistes et des maquisards. Professeur de lettres en région parisienne, Éliane Aubert-Colombani s'est retirée à La Châtre à l'heure de la retraite. Passionnée et passionnante, elle partage son temps entre l'écriture et des lectures au sein de diverses associations : Femmes solidaires ou Maison de préfiguration de la poésie. Dernièrement, elle a réalisé les textes du livre Portraits de femmes en pays de George Sand. « Les gens qui ont vécu la guerre en restent marqués. Je vivais à Paris, j'ai vu une rafle, j'ai entendu des choses. J'ai eu envie de faire des recherches sur le quotidien des Parisiens pendant cette longue époque et sur ceux qui ne dénonçaient pas, explique l'auteure. J'ai imaginé un personnage qui croyait au maréchal Pétain et qui pensait que la France connaîtrait de meilleures conditions en collaborant. J'ai voulu que mon collabo ne soit ni trop blanc, ni trop noir politiquement et qu'il n'ait jamais dénoncé quiconque. » La trilogie d'Éliane Aubert-Colombani ne laisse pas de marbre. Les textes sont courts mais en disent long sur ce qu'était la vie durant les conflits. Ses récits prennent le lecteur aux tripes et ne le lâchent pas jusqu'à la dernière ligne, même si l'on reste dans la fiction. A lire également la Fin du collabo qui a pour trame, la guerre d'Algérie.

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"Un fervent adepte de l'anti-France prisonnier de sa conscience"

(article paru dans l'Echo - La Marseillaise du 5 juin 2013 - signé DB)

 

Au premier coup d'oeil porté à la couverture du deuxième tome du "Journal d'un collabo" faisant suite, sous le même titre, à un ouvrage paru en 2006, il convient de se demander pourquoi un fervent adepte du maréchal Pétain, ayant encensé la politique paternaliste et répressive menée en favuer d'une victoire de l'Allemagne nazie, n'a pas été rapidement arrêté à la libération. Puis, jugé et condamné au moins à une longue peine de prison, sinon au poteau d'excécution.

Après la guerre, l'épuration, sur laquelle on a tant dégoisé à propos de la dureté supposée des magistrats de l'immédiate après-guerre et de leurs procédures, a sans doute laissé échapper trop de représentants de l'anti-France, précédemment au pouvoir ou s'organisant en bandes facistes sous l'intitulé "Etat français".

Cette indulgence aura permis à certains, et en particulier à Antoine Sartori, indigne "héros" de ce roman, ancien marin au long cours, de librement continuer, jour après jour, à déblatérer par la parole. Cette rendue toutefois prudente par les nouvelles circonstances et par un entourage dominé par la fugure d'Angèle, la cousine ne s'étant pas compromise, ayant accompli des actes de résistance, bienveillante envers celui qui ne cesse d'être amoureux d'elle. Mais ne lui déclarant pas moins son dégoût bien en face, sachant son comportement sous l'occupation.

Antoine Sartori persiste dans ses erreurs en crachant dans son journal, entre deux mercuriales, son mépris à propos d'un nouveau gouvernement pourtant démocratiquement élu au cours d'un scrution auquel les femmes avaient cette fois été invitées.

Ce diariste dont on suit le tortueux raisonnement se rend compte peu à peu, néanmoins, de la portée de son soutien inconditionnel au régime de Vichy, de ses constantes diatribes contre l'Angleterre, contre les Etats-Unis, et contre l'armée soviètique qui longtemps s'est battue sur son sol, en un front unique, livrant des batailles gigantesques. Il sait surtout ce que les déportés ont subi dans les camps de concentration. Il ne dévie pourtant pas d'un pouce de son idéologie rétrograde, étayée par un militarisme tout crin.

On devine, au détour d'une de ses "opinions" formulées comment ses homologues petits-bourgeois, attentistes pour la plupart ou ayant carrément pataugé dans le marigot des dénonciations et des traques exercées contre les maquisards, les juifs et les gitans, rejoindront bientôt en masse les rangs des partis d'une droite derechef déclarée. Revenant aux "affaires", à peine secouée et assagie malgré sa compromission notoire avec l'envahisseur, sous l'intitulé de Mouvement des républicains populaires (M.R.P).

Dans chaque bourgade, dans chaque quartier de l'Europe sous le joug, il y a eu de ces hommes et de ces femmes qui ont suivi le mauvais sentier du déshonneur. Trop d'entre eux s'en sont bien sortis. Alors que d'autres, dont ces femmes victimes d'un irrépressible sentiment à l'égard d'un soldat ou d'un officier allemand, étaient sévérement "punis" par des résistants du dernier quart d'heure.

Mais la conscience empêche de dormir et oblige à veiller au moindre bruit suspect, à se méfier de tous et de tout. Antoine Sartori, Parisien aux racines corses et alsaciennes, dont le souvenir d'un ancêtre israélite aurait dû ne jamais lui faire accomplir un acte irrémédiable, connaîtra ce qu'est la prison intérieure, aux barreaux infranchissables...

 

 

Eliane Aubert-Colombani publie son 22ème roman

(article de Danielle Pearon dans l'Echo du Berry - 13 au 19 juin 2013)

 

L'auteurs castraise publie aux éditions l'Harmattan un nouvel opus de sa série Journal d'un collabo, consacré aux années 1945 et 1946

 

Eliane Aubert-Colombani, originaire de la région parisienne, s'est installée à la Châtre en 1995, à l'heure de la retraite, pour être plus proche de son fils Olivier, professeur d'anglais au lycée George Sand. Elle-même a exercé le métier de professeur de lettres.

Elle a débuté sa carrière d'auteur en écrivant des poèmes et s'est orientée vers l'écriture de romans vers l'âge de 30 ans.

Elle a publié son premier roman, La Perdrière, en 1971, qui lui valu le prix Guy Vanhor que lui a remis Georges Lubin. En 1974, elle signait La Guérison, puis Un homme de la terre en 1978 et Le Temps des cerises en 1983. L'année suivante, elle publiait Le Journal d'un collabo dont le succès a dépassé les frontières hexagonales. De nombreux autres romans ont suivi, abordant notamment le thème de la difficulté des hommes à porter un regard sur eux-mêmes et à remettre en cause leurs opinions.

Aujourd'hui, Eliane Aubert-Colombani vient de publier chez l'Harmattan Journal d'un collabo, période 1945-1946. Il fait suite a celui publié en 1984 et un second opus paru en 2007, qui abordaient les années 1943 et 1944. L'auteure, qui a été très marquée par la Seconde Guerre mondiale, puise son inspiration dans ses souvenirs, dans les personnes qu'elle a connues, ce qu'elle a vu et entendu, entre Corse, où elle possède des origines, et Indre-et-Loire, où elle a vécu durant la guerre.

Sa plume dissèque la psychologie de ses personnages. Son dernier ouvrage met ainsi en scène Antoine Sartori, sous-officier à la retraite, antisémite, anticommuniste, anti-alliés, qui déplore la victoire des alliés et regrette Phillippe Pétain... Mais ne nourrit-il pas des remords lorsqu'il songe à certains de ses actes ? Une histoire romancée mais comportant une grande part d'événements vécus et qui donne matière àn réfléchir. Ce roman est le vingt-deuxième d'Eliane Aubert-Colombani.

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