Journal d'un collabo 1944

JOURNAL D'UN COLLABO

1944

(éditions l'Harmattan)

 

 

Le livre : 1944 : Antoine Sartori, sous-officier à la retraite de 65 ans, poursuit son journal. Anti-communiste, antisémite, il déborde de haine à l'égard des "Anglo-américains", des gaullistes et des maquisards. Il note scrupuleusement le nombre des morts et des blessés, les dégâts matériels causés par les bombardements des Alliés, ce qu'on appellerait aujourd'hui les "dommages collatéraux".

Parfaitement aveugle sur l'issue du conflit, il reste fidèle au Maréchal et croit en la victoire allemande. A son insu, il laisse deviner le crime dont il s'est rendu coupable en envoyant à la mort une petite juive.

Peu à peu, à sa grande stupéfaction, il découvre que sa cousine Angèle, concierge d'école, dont il a toujours été amoureux, a une activité de résistante.

Quant à son petit cousin, Bonnaventure Natali, policier à Paris, a-t-il ou n'a-t-il pas collaboré ? Est-il un résistant de dernière heure, protégé par Angèle ? Natali est, en quelque sorte, parfaitement représentatif de l'ambiguïté de la Préfecture de Police dans les mois précédant la Libération de Paris.

Extrait : " Je ne suis pas sorti de la matinée mais j'ai été un peu réconforté par les nouvelles entendues à la T.S.F. La répression contre le terrosrisme s'organise : 22 des 24 terroristes condamnés à mort par le tribunal spécial allemand siégeant à Paris ont été passés par les armes. Bravo ! sur ces 24 fripouilles 19 étaient étrangères et 21 étaient juives. Ces ordures avaient à leur actif plus d'une centaine de déraillements, d'attentats et d'assassinats d'innocentes victimes, femmes et enfants. Leur condamnation et leur exécution ont donc été un juste châtiment quoi qu'en dit la communiste et immonde presse front populaire L'Humanité.

Si Angèle est au courant de ces condamnations, elle doit gémir en se tordant les mains "Ô Dìu ! Ô Signore ! pourquoi ne les as-tu pas sauvés ? Reçois-les en ton sein, ô Ghjesù !" Mais oui, juifs ou chrétiens ou athées sans les bras du Bon Dieu ne choquent pas ta pauvre cervelle d'illettrée ! Je suis sûr que le soir, elle fait prier Françoise pour de Gaulle, pour les cocos et pour les Anglo-américains. Qui sait si la famille Moussu n'a pas elle aussi viré de bord ? Quand les éditions de Moscou seront incendiées par les barbares, ils comprendront peut-être. A moins que, persuadés de la victoire bolchévique, ils n'envisagent déjà de se mettre bien avec le nouveau pouvoir ?

L'après-midi, pour me réchauffer, je suis allé au cinéma voir un film de Jean Gabin, Le jour se lève. Gabin, ce dégueulasse qui est entré en dissidence comme second-maître dans la marine gaulliste à Alger"

 

La presse :

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